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Lydie AUSSET

 LYDIE AUSSET                

 

Née le 27 août 1853 à Saint-Jean-du-Gard d’un père Vébronais (Antoine Laurent Ausset, négociant, décédé à Vébron en 1869), Lydie Ausset épousa à Vébron le 17 janvier 1878, Numa Vincent, employé des contributions indirectes, en poste à Alès, de la famille des pasteurs Vincent de Vébron. Le couple eut un fils Antony en 1878, avant de divorcer en 1888.

Intéressée par l’histoire religieuse et l’histoire de Vébron, Lydie Ausset a écrit deux romans édités par la Société des livres religieux de Toulouse: Une fleur dans le Désert (édité en 1877) et Un héros cévenol (édité en 1879). Ce deuxième livre connut un certain succès, car il fut réédité en 1893, puis en 1937. Ces livres ont pour cadre Vébron et ses alentours (par exemple la grotte de la Baume Dolente dans Un héros cévenol) et contribuèrent à la réhabilitation des Camisards en milieu protestant, admise par tous à la fin du XIX° siècle. Un siècle après, par une interférence de l’écrit dans la tradition orale, de vieux Vébronais rapportent, dans leurs récits sur les Camisards, des épisodes tirés des livres de Lydie Ausset, qui fut beaucoup lue à Vébron. Mais cela est la justification même du travail de cette romancière qui voulut transmettre dans ses livres des récits qui lui avaient été racontés dans des familles cévenoles, afin que, de génération en génération, la mémoire de la geste camisarde (certes enjolivée) ne se perde pas.

Lydie Ausset se servit pour réhabiliter les Camisards, combattants de la foi, de sa plume très sentimentale, de son inspiration romantique, et de ses dons poétiques. Ses livres, même fortement romancés, veulent, comme les œuvres historiques, édifier le huguenot cévenol en lui rappelant le passé glorieux et la foi vivante de ses ancêtres.

Lydie Ausset se remaria  avec Anatole Henri Badaire, qui fut plusieurs années chef des travaux de la ville de Blois: elle décéda sous ce nom le 4 mars 1925, à Saint-Jean-du-Gard, où veuve, elle s‘était retirée.

Son fils Antony Vincent fut pasteur de l’Église de Genève, dans la paroisse des Pâquis de 1905 à 1929, année de sa mort. Il fut une des figures du protestantisme libéral à Genève dans les trois premières décennies du XX° siècle. Il édita un périodique qui avait pour titre Le Protestant libéral. Il acquit la nationalité suisse en 1905 et épousa une genevoise Henriette Cacheux, descendante de huguenots venus de Picardie.

Leur fils Jean Vincent (1906-1989), avocat à Genève, fut l’une des grandes figures du parti communiste helvétique. Il adhère au parti communiste en 1924. Il est considéré comme ayant été un des meilleurs orateurs de son temps. En 1947, il entre au Conseil national (équivalent de notre Chambre des députés) et y reste jusqu’en 1980 après avoir assuré la présidence pour l’année 1979. Il a publié ses souvenirs sous le titre Raisons de vivre (Lausanne, 1985). Il fit un long séjour à Vébron à la mort de sa grand-mère afin de liquider ses biens. Attaché au village de ses ancêtres paternels, il échangea une correspondance avec Robert Poujol, lorsque celui ci publia en 1981 son histoire de Vébron, lui envoyant en échange en 1985 le récit de sa vie d’avocat et de militant politique.

 

(Cette chronique est proposée avec la collaboration de notre correspondant Gérard Doutres)