Commune de Vébron
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Henri ZYGEL

HENRI  ZYGEL  

 

Israël Zygel, artisan cartonnier, et son épouse Sofa, avaient quitté la Pologne pour la France vers 1923, se fixant à Nancy où naquit Henri en 1924, puis à Paris, dans le quartier de Belleville, où naquirent cinq autres enfants. Tous acquirent la nationalité française. La guerre amena les Zygel en Lozère, à Chastel Nouvel près de Mende. La famille se réfugia  à Vébron, dans l’hiver 1943, pour échapper à la persécution antijuive. Elle n’y fut jamais inquiétée. Israël et Henri travaillèrent comme tailleurs dans le village pour aider les leurs. Le souvenir de la famille Zygel à Vébron est resté un souvenir heureux: «On dansait et on chantait chez eux» racontait un ancien du village. Henri suivit un stage d’instruction militaire durant la première quinzaine de mai 1944, au maquis de la Soureilhade (ou maquis d’Ardaillès). Au «Rancho», une clède à châtaignes près de Montcamp, commune de Rousses, dans la vie en réduits du maquis qui s’était dispersé après l’attaque d’Ardaillès en février 1944, Henri apprit à ses camarades de nombreux chants soviétiques. C’est au Rancho que Jacques Poujol composa la Complainte du maquis cévenol en mai 1944, qui se chantait sur l’ air du Chant des partisans soviétiques  transmis par Henri Zygel, très marqué depuis sa jeunesse par l’idéal communiste. Henri Zygel monte à l’Espérou le 12 juillet 1944 avec la jeunesse de Vébron et de Rousses. Il quitte à la fin juillet le rassemblement Aigoual-Cévennes ne supportant pas la discipline militaire, avec deux camarades réfugiés auparavant avec leur mère aux Vanels: les frères Léon et Lazare Goldzahl, pour les FTP de la Vallée Longue. Nommé chef de la 7e compagnie, il trouve la mort au combat de Moussac, le 25 août 1944, en accrochant près de la Réglisserie, sur la route Alès-Nîmes, une puissante colonne motorisée allemande. Grièvement blessé, il resta jusqu’au bout à son poste, pendant que ses hommes se repliaient et fut achevé par les nazis qui lui tranchèrent les mains à la hauteur du poignet.

D’éducation non religieuse, il rencontra le protestantisme à Vébron, lut la Bible dans un exemplaire trouvé dans la maison qui abritait sa famille et fut baptisé par le pasteur François Chazel le 25 juin, dans le temple de Vébron. Il eut deux parrains: Robert Poujol (Bichon au maquis) et Pierre Salles (Youkov au maquis) qui s’était caché à Vébron plusieurs mois chez Mademoiselle Zulma Maurin pour échapper à l’occupant. Robert Poujol resta toujours fidèle à sa mémoire et l’évoquait souvent dans les conversations familiales, où son nom est resté sacré. Ce baptême était le résultat d’une évolution spirituelle  personnelle: les pasteurs des Cévennes se refusèrent à toute action de prosélytisme vis à vis des réfugiés.

A la Libération, le seul tué des deux communes de Vébron et de Rousses avait été Henri Zygel que la population avait adoptée comme l’un des siens.

        

Cette chronique est proposée avec la collaboration de notre correspondant Gérard Doutres